Les aventures de Prise de Chou et du Lapin Kougloff - 10
Cette fois, je jette le gant. Je ne vais pas passer ma vie à cavaler après un lapin, quand même. Il ne veut pas ? Tant pis crotte !
Vaguement vexée tout de même, je vais faire un tour sur Meetic, pour voir s’il n’y aurait pas d’autres gibiers, non lagomorphes. Hélas, il y a surtout des bovins apathiques, et quelques vieux coqs déplumés qui cavalent dans la basse-cour virtuelle.
Au détour d’une page, toutefois, je dégotte un ursidé prometteur, et un renard au regard acéré qui n’a pas l’air totalement dénué d’intérêt.
Je les ramène tous les deux dans mes filets.
Le renard, c’est Blocop, un Raoul carabiné.
L’ursidé, c’est Mieuvautard.
Y’a pas à tortiller, cet homme me plaît bien. A l’évidence, la réciproque est vraie, à 180 %, ce qui est un peu trop à mon goût.
Je dîne avec lui la veille de mon départ en vacances. On parle des heures. Conformément à ma première impression, le garçon est un concentré de mâlitude. La soirée se conclut sur un long baiser. On ne se verra pas avant longtemps, il quitte Paris le jour de mon retour.
Pas de papillons, ça ne vient pas sur demande, mais une réelle tendresse pour l’ours.
Revenue de Bretagne, la tête pleine de musique, j’épluche les mails qui encombrent ma boîte.
Tiens, le retour du fils de la vengeance… Lapin propose un rendez-vous, pour causette.
Je fais quoi, moi ?
Ca fait un mois qu’il ne s’est pas manifesté (moi non plus d’ailleurs). Aurait-il mis fin à sa liaison, ou veux-t-il simplement clarifier toute cette histoire ?
J’y vais.
Apéritif sur le jardin sur le toit, il fait beau, la tortue nous accompagne et se gougoufine une moitié de concombre en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. C’est marrant, une tortue qui mange, j’avais jamais vu !
La conversation est légère et agréable, nous décidons d’aller dîner dans le coin pour la poursuivre.
Il faut passer par la chambre pour ressortir, on y reste une heure…