Madame Dessachou
Comment trouver l’amour ?
J’ai l’impression que les trois quarts des blogs que je visite focalisent sur cette question. C’est exprimé avec gaieté ou désespoir, ironie ou amertume selon la personnalité de l’écrivain public.
Il y a là une masse de Messieurs terriblement seuls, face à un paquet de Dames solitaires. C’est quand même rageant, non ? On a envie de casser l’écran et de faire se mêler tout ça dans un joyeux foutoir, il en ressortirait sans doute quelque chose.
Maman Célib s’est vue proposer de participer à une émission de télé réalité de type : trouver l’amûr dans les alpages, ce qu’elle a refusé sèchement. Bravo. N’Y VA SURTOUT PAS ! Ils se font du pognon sur tout, sur le mal-être, sur l’amour, et les larmes rapportent un peu plus que le bonheur. Quelle triste condition que celle de chair cathodique ! J’ai testé pour voir l’année dernière. Once and never again, mais au moins je sais comment ça se passe de l’intérieur !
Alors comment faire ?
Madame Dessachy (dans la colle) a été flinguée par Meetic et consorts, ce qui n’est pas un mal, il faut bien le dire. Je sais que beaucoup trouvent les sites de rencontres douteux, mais s’ils sont florissants, c’est bien qu’ils remplissent leur fonction. Et s’il y a en effet des tordu(e)s, des con(ne)s et des ringard(e)s dans les tuyaux, la proportion n’est pas plus forte dans le virtuel que dans la réalité.
Je n’ai évidemment de conseil à prodiguer à personne, je ne suis pas Madame Dessachou, mais il me semble que la réussite en amour est au même prix que la réussite dans les affaires. Prise de risque et visite systématique des sentiers non battus. C’est l’histoire du scalable auquel j’avais fait allusion il y a quelques temps.
Vous souhaitez devenir vraiment riche, péter dans la soie, rouler dans le blé, décrocher la timbale… si vous faites un boulot scalable, c’est mort. Un boulot scalable, c’est un boulot à échelle. Ouvrier, employé, cadre sup, qu’importe ! Il y a le bas de l’échelle et vous n’irez jamais plus haut que le sommet. C’est limité. Il y a quelques années encore, on aurait pu dire que c’était limité, mais sûr. Tel n’est plus le cas aujourd’hui et je crains fort que la situation n’empire.
Le non scalable, c’est la jungle, le danger, la réussite ou la mort. C’est la créativité aussi. De rock star à écrivain, d’acteur à génie des finances. Les possibilités sont nombreuses, il faut essayer de se connaître au mieux, exploiter ses talents, ressusciter le Mozart assassiné qui pourrit en chacun de nous et se lancer dans l’aventure. Indispensable : être sévèrement burné. C’est là que ça pêche pour la plupart d’entre nous. J’ai froid aux yeux au moindre courant d’air, je ne serai jamais riche.
En amour, même topo. Dans un environnement scalable, pas de surprise possible. On a des amis qu’on adore, des collègues qu’on supporte, des rituels et des sorties programmées. Un monde douillet mais fermé. Une seule solution, sortir du bois, avancer en terrain découvert, tenter l’expédition risquée, mettre ses lunettes Damart, serrer les dents ou les fesses (au choix) et oser s’exposer.
Quand j’ai ouvert ce blog, je ne cherchais absolument pas une relation amoureuse (j’avais Meetic pour ça), mais je pense que si j’avais gardé farouchement mon anonymat, si je n’avais pas programmé une blog party et si je n’étais pas allée me jeter dans la gueule du loup de mer, ma vie serait beaucoup moins West Coast aujourd’hui.
Je ne suis qu’un exemple parmi d’autres, j’en suis certaine.