Merci ma Soeur
Dans l’infernal bric à brac ramené par Premier du joyeux pays de la saucisse, j’entrevois hier soir une grosse valise plate de type mystérieux.
- Mais qu’est-ce donc là, Chair de ma Chair ?
- Ceci, Mère, est une table de massage.
- Diantre, mon fils, seriez-vous masseur ?
- A mes heures perdues, sublime génitrice.
Au passage, vous remarquerez comment qu’on s’exprime, chez les V. à Courbevoie ! Tout dans la distinction et l’élégance. On n’est pas du genre à roter en se grattant l’entre-deux.
- Or donc, Premier, soleil de ma vie, me feriez-vous une démonstration de vos talents jusqu’alors cachés ?
- Mais certainement, chère Mère, avec le plus grand plaisir. Dépouillez-vous de vos charmants atours, drapez votre délicate intimité dans une serviette chaude, je déplie l’engin, sors les huiles essentielles, allume quelques bougies odorantes et sélectionne une musique douce qui parachèvera votre bien-être.
Ni une ni deux, je me déloque fissa et me ventre sur la table, telle une baleine famélique échouée sur le sable.
Premier se colle illico à la tâche, les paluches ointes de gras qui sent bon.
Le début du massage, très bien. La fin, je ne saurais vous dire, il a fallu qu’il me réveille en me beuglant dans le cornet.
- Mère, c’est terminé ! Revenez à vous, que diable, vous ronflez comme un sonneur et vous bavez sur le tapis ! C'est indigne...
- Palsambleu !
- Etes-vous détendue, auteure de mes jours ?
- Tu m’étonnes, John !
Je me suis traînée en mode poulpe jusqu’à mon paddock et je me suis ré-endormie comme une masse, tandis que Lili s’installait à ma place.
Oui, c’est le souk et la promiscuité à la maison, mais grâce à Premier, on est tous total zen. No stress, on se croirait sous pétard 24h/24. Merci masseur !