The dark side of the mood
Chez moi, c'est pas comme j'aimerais que ça soit. C'est même outrageusement différent.
Je ne suis pas une femme d'intérieur, pas une accrofolle de l'aspiro et de la nénette à encaustique. Ca laisse souvent à désirer.
Pourtant, j'aime bien quand c'est propre, et grand et plutôt vide.
J'avais tout ce que j'aimais dans mon ancien appartement, dans le 18ème. D'abord parce que c'était un appartement ancien, du coup.
C'était haut de plaftard, parquet joli du plancher, il y avait des moulures art déco en haut, des cheminées en marbre avec d'immenses miroirs dessus. On avait peint tout ça tout en blanc et il n'y avait pas beaucoup de meubles.
Le séjour faisait 40m2, il y avait une table et des chaises dans un coin et puis un canapé, des fauteuils et une table basse de l'autre côté. Des bibliothèques, des rangements de disques (beaucoup, beaucoup de disques et de livres), de grosses enceintes acoustiques, du bon matos son, une télé près du sofa et basta. Des tas de plantes vertes, aussi. Mais pas un bibelot. J'ai horreur des bibelots.
Pendant des années, il y a eu des nains qui apprenaient à marcher et qui se viandaient sur le parquet, des rires de gamins et du bonheur tout chaud.
Il y a eu des fêtes, souvent, où l'on poussait le peu de meubles dans un coin, on faisait un gros buffet sur lequel je travaillais deux jours, j'appelais Allo Glaçons et on remplissait la baignoire de glace, et 40 pékins déboulaient Bd Barbès et c'était bien...
Bon. Tout a une fin. Me voilà en banlieue dans un immeuble des années 60. Standing, hein, je me plains pas, j'aurais pu finir dans un HLM gravos dans le 9.3, comme je suis partie avec ma non-bite et mon non-couteau, j'ai récupéré les vieilles affaires de mes parents, et je les en remercie. Mais je déteste les chaises sur lesquelles je pose mes fesses quotidiennement, la table sur laquelle je mange, le tapis sur lequel je marche. J'ai changé tout ce que j'ai pu, arraché du papier peint, du lino, une amie m'a filé un canapé moins pourri que celui dont j'avais hérité, Lancelot le Divin m'a récupéré une table basse pas trop naze dans la rue (un bon tiers de mes nouveaux meubles = récup). Je suis chez moi, mais ça ne ressemble pas à chez moi tout à fait.
Encore un effort, sans doute. Encore un coup de fric, surtout. On en revient toujours là. Pfff...