Banane
Quand tu es une fille sérieuse et raisonnable, et que tes comptes te montrent qu'il faudrait faire de drastiques économies en cette période troublée, où les factures lourdes tombent comme à Gravelotte, tu te dis que les maigres sous que tu as récupérés sur la broc te serviront à tout simplement... bouffer.
Mais tu prends le train 4 fois par mois pour trois heures et pour retrouver l'homme de ta life West Coast. Il le vaut bien !
Ordinairement, tu gères.
Soit tu écris des conneries sur un cahier, soit tu lis toute la presse - enfin toute : le Nouvel Obs, Télérama, Libé, Femme Actuelle, le Canard Enchaîné - soit tu as trouvé un super bouquin qui te tient tout le trajet Paris-Vannes ou retour.
Comme tu ne sais pas faire une seule chose à la fois et qu'il te faut occuper tes mains pendant que tu voyages dans l'histoire du bouquin, tu tricotes. C'est pas facile de faire les deux à la fois, alors tu as acheté une pince à chépakoi chez Weldom. C'est pratique.
Et puis tu regardes les autres voyageurs qui sont de leur siècle, eux, et qui sont tous sur des écrans. Plus ou moins grands, certains travaillent, d'autres jouent ou regardent des films.
Et tu te dis que bien sûr, fuck l'écranisation massive ; tu sais que tu n'auras jamais l'i-phone machin et consorts, tu t'en tapes le coquillard avec la brosse à dents de l'indifférence, mais que toutefois tu regarderais bien la suite de Boardwalk Empire ou de Homeland dans le train. Ou que tu te referais bien Apocalypse Now, ou The Full Monty, ou Hôtel du Nord...
J'ai acheté un lecteur DVD portable pour 119 euros. Y'avait moins cher, mais c'était trop petit niveau écran, comme regarder un film par un trou de serrure. Pas bien.
La banane, c'est pour montrer l'échelle...
Moralité : j'ai dilapidé.
Autrement, j'ai une idée, mais je sais pas si elle est bonne... on en recause demain.