Les dames de la côte
Ce week end, j'ai fait brièvement la connaissance d'une cliente de l'ineffable Saute-Biniou : « La Chienne », il en parle là.
Vu le sobriquet, on s'attend à du cuir, du panthère en poly-vynil expansé, une chevelure rougeoyante et un gloss fuchsia, pour le moins.
Pas du tout. A l'instar d'une autre cliente rencontrée lors d'un précédent séjour, la Chienne est le prototype même de la bourgeoisie komifo et sévèrement friquée made in Saint Cloud.
La soixantaine fragile et souriante, minuscule et délicate, no make up, no bling-bling, le bijou discret et vintage, la voix fluette et distinguée de celles qui n'ont pas à crier pour être obéies.
En la voyant si frêle aux côtés de Saute-Biniou, carré comme un apéricube géant, j'ai compris pourquoi il était le fantasme torride de toutes les dames à pèze de la côte.
Sans doute se sont-elles tapé toute leur existence des banquiers compassés et des giscards look alike... elle reluquent le Mac à dames comme un être exotique et hyper charnel, qui sent l'iode et le grand air, avec ses yeux vert pâle et ses grosses mains puissantes.
Le syndrome Lady Chatterley.
Autant dire que La Chienne m'a moyennement à la bonne et qu'en quatre mots échangés elle a casé quelques vacheries de sa voix gracile d'ex jeune débutante. Je n'ai pas renvoyé la balle. A quoi bon, pauvre petite fille riche !