Pleure pas sur ton biniou !
Fait chaud à Paris. On serait mieux dans l'eau fraîche west coast. Ce sera pour demain... on descend du train, et hop, direct à la baille !
Ca me convient très bien ces aller-retours en fait.
J'ai deux maisons maintenant, deux endroits où je me sens chez moi, pas d'ennui, pas de lassitude, juste un gros budget SNCF.
Heureux hasard toutefois que l'homme de ma nouvelle vie ne soit pas marseillais, ça m'aurait ruinée !
Mais il y avait peu de risques, à bien considérer la chose. Une parisienne et un marseillais, c'est à la limite de l'improbable. Et puis c'est parfaitement idiot, injustifiable et signe d'une coupable intolérance, mais l'accent de là-bas me vrille les cages à miel.
Marcel Pagnol me gonfle, la partie de cartes ne m'a jamais fait rire, je me méfie comme de la peste des hommes nés au sud de la Loire...
J'y suis allée il y a longtemps, et ils m'ont semblé si conformes à leur caricature de kékés frimeurs et grande gueule que j'ai du forcer sur mon côté snobinarde pincée et hautaine de fille du nord-ouest.
Le genre avec le paquet de Marlboro coincé sous la manche du T.shirt, dent de requin sur moquette pectorale, qui roule des mécaniques derrière des solaires griffées D&G (Ducon et Gogol ?), je ne supporte pas.
Bon, il doit bien y avoir des mecs sympas dans le sud, Robert Guédiguian n'a pas l'air d'un total connard, mais je subodore l'exception.
Et ben voilà, je viens de me fâcher avec la moitié septentrionale de la mère patrie...
Tant pis pour la lavande, les pins et la soupe de bulots tiède qui leur sert de mer.
Je reste avec les genets, le loup, le renard et la belette, l'océan à 16°, les yeux bleus et le son aigre du biniou dans les Fest Noz. Prédestination, sans doute !
