Attaquée dans son sommeil par un rêve tout pourri !
C'est étrange de devenir intime avec quelqu'un.
Pendant des années, on a été intime avec un autre, et doucement, insidieusement, l'intimité s'est délitée, alors qu'on la croyait inaltérable.
On avait pourtant tout vécu ensemble, le pire et le meilleur, de grands moments de détresse et de joie, et puis les choses bougent et puis on n'a plus le même regard, on n'est plus deux font un.
Au début on se dit que ce n'est pas possible, qu'on a déconné, nous, moi, personnellement, qu'on n'est plus suffisamment à l'écoute de l'autre et que forcément, c'est de notre faute. Mais le regard qu'on pose sur l'autre n'est plus le même. L'évidence a disparue, on le reconnaît moins, on n'a plus cette confiance aveugle et absolue, on ne donnerait plus sa vie pour lui, finalement, en réfléchissant un brin.
Alors ça veut dire que c'est mort.
Le temps passe un peu et on se dit qu'on a vécu un amour énorme. Un vrai de vrai, ineffaçable, irremplaçable, qu'est-ce qui pourrait se comparer à cette putain de pureté de sentiments et à ces moments de grâce à peine humains, tellement ils étaient costauds ?
Mais c'est mort.
Tout meurt, l'amour comme le reste.
On fait quoi, après ça ?
Est-ce qu'on peut encore croire à l'amour quand on sait que rien ne dure, sauf les blessures ?
Bon, je raconte ça, et c'est très intime, parce que j'ai rêvé de Monex cette nuit. C'était très troublant. Je lui annonçais que j'allais me marier avec un homme que j'aimais vraiment. Il me répondait en ricanant que je ne pourrais jamais plus aimer, puisque mon « capital amour » avait été épuisé avec lui. J'avais tout donné, je n'avais plus rien en magasin !
Je me suis réveillée très tôt et de mauvais poil. Si Monex avait été dans les parages, il aurait passé un mauvais quart d'heure.
Pourtant je ne regrette rien de ce que j'ai vécu, le temps écrème la rancoeur et ne me restent que les bons souvenirs, il y en a un paquet.
Et puis ce n'est pas un rêve contrariant qui va me semer des embûches sur le chemin d'une nouvelle évidence... Merde !