Un tigre dans ma Tochter
J'aurais pu faire mille choses dimanche.
. Prendre un bouquin et aller me vacher sur une pelouse, en plein soleil, vu que je recommence à ressembler à une fleur de bidet.
. Aller me taper les Beaux Gosses au cinoche, c'est la teuf à 3 euros et je suis fan de Riad Satouff (déjà avec un nom pareil, il est conformé pour la rigolade – ou à finir en tétant une bombonne de Butane).
. Travailler en étroite collaboration avec ma nouvelle Simone, dont le petit moteur ronronne vaillamment et qui n'en veut, impatiente de se faire les points sur tout un tas de tissu.
. Faire les soldes, avec une nouvelle formule, la « sans blé ».
Etc. Mais rien de tout cela. Je me suis tapé un blues mississipiesque samedi soir, me suis réveillée motivée comme une moule qu'on livre chez Léon. Du coup, de 11 heures à 20 heures, je me suis tapé la saison 4 de Prison Break, en intégrale. Pas bougé le chien, les mirettes qui tapent dans les coins et le dos en compote.
Je me suis extraite à grand peine parce que Your Kingdom effectuait son premier passage sur scène à l'Européen et que c'est tout de même mes nains et que mon enthousiasme débordant les porterait et que quand faut y aller...
Evidemment, retard dans la programmation. Je fonce au Carolus pour une binouze-clope en attendant. Je subis la conversation de deux mecs à côté, passablement ébréchés, qui parlent de nanas.
Alors, je ne sais pas qui est cette Marlène, mais qu'on se le dise, c'est la princesse de la pipe ! Dommage qu'elle ait la tronche en biais. Elégance ! S'en suivent des considérations dignes des documents de la Mère Docu sur l'avantage de se taper des moches. Elles sont reconnaissantes et se mettent en 4 pour satisfaire. On peut tout avec elles, faut que ça se sache. Corvéables à merci, les thons.
Grosse envie de gerber, là, d'autant que les deux loustics devraient parfois avoir le courage de se confronter à leur miroir. Ils sont à de larges encablures de George et Jude. Je me barre, vaguement écoeurée.
Enfin le mini-concert. Premier cache son traczir monstrueux sous un stoïcisme transpirant (il doit bien faire 40° dans la salle), Lili est plus relax, faut dire qu'elle a une bande de fans hurlants dans les premiers rangs. Elle chante et elle me colle immédiatement les poils ! D'où sort-elle une voix pareille ? C'est puissant, souple, chaud... un tigre qui caresse ou sort les griffes.
Ils ont terminé par une reprise de ça, qui a déchiré sa mère. Je suis bien placée pour le savoir, la mère, c'est moi !