Tant qu'il y aura des hommes
J'ai envie de tout leur raconter, elles sont des miroirs, ou plutôt des caisses de résonance. Je balance et elles renvoient. Leur vérité, leur opinion avec amour, mais sans concession. Je fais la même chose pour elles.
Je m'aperçois qu'on est très différentes. Pas la même extraction sociale, pas la même éducation, peut-être pas les mêmes valeurs.
Des fois ça m'énerve et je réplique vertement. Et je m'en veux parce que je les aime, malgré ces foutues différences. Je les blesse parfois, j'ai l'impression, et je déteste ça et je me déteste de les avoir blessées.
Alors je m'interroge. J'ai l'impression d'être un peu marginale, comme fille, pas tout à fait dans la norme. Trop crue, choquante, rouge vif, pas fréquentable, pas si marrante que ça, va-t-en guerre perpétuelle, fatigante, chiante mais pas comme les autres chieuses classiques. Une catégorie de chiante très particulière. Ultra masculine, en fait.
Ce doit être ça. Je suis un homme déguisé en gonzesse. Du coup je suis homo à fond, parce que tant qu'il y aura des hommes...