Une petite castagnette ?
Bon, assez pleuré avec les Serpillères, passons aux choses sérieuses : le frittage de tronche.
Personnellement, je n’ai rien contre. J’aime assez une bonne castagne verbale ou écrite, ça raffermit les muscles du cervelas et ça soulage.
Je vois ce matin un fort joli foyer de guéguerre qui s’allume chez l’ami Charles-Hédiard.
Vous connaissez tous Charles-Hédiard ? Un homme jeune (il a mon âge), super propret sur lui, éduqué à l’ancienne comme la moutarde, une sorte de Chateaubriand romantique et éperdu. Il a pour lectorat un gynécée de donzelles énamourées qui flaquent dès qu’il raconte comment il a failli tomber dans l’escalier en vidant sa poubelle.
Charles-Hédiard, je l’aime bien même s’il me gonfle avec ses histoires de voyages, moi qui ai rarement dépassé le périf. Il me fait rigoler avec son style un chouille ampoulé et ses petites fautes de frappe (et non ses fautes de petite frappe).
Non dénué d’un certain sens de l’humour, notre héros au soupir si doux nous pond un articulet totalement au second degré déclarant qu’il est outré par la crudité de certains blogs tenus par des harpies délirantes et vicelardes, qui ouvrent leurs placards comme on ouvrirait les cuisses. Il ajoute qu’il est grand temps pour lui de faire le ménage et qu’il éliminera de ses liens ces créatures de mauvaise vie, pour ne point se gâter la belle image qu’il a de la femme : une praire molduc uniquement soucieuse de complaire au mâle dominant à coups de lingerie fine, parfums exotiques et paupiettes de veau home made.
Bon, je me poile, m’étant reconnue dans le tas des infréquentables, partageant fièrement l’affiche avec Blanche Dep, la Peste, l’Emmerdeuse et quelques autres roulures de même acabit.
Là où ça devient franchement fendard, c’est qu’une partie de ses lectrices, qui ont quand même un peu de retard à l’allumage, prennent sa diatribe pour argent comptant et bêlent leur approbation béate.
Oh voui, not’maître, comme vous avez raison. Ouh les vilaines, comme elles sont vulgaires. C’est pas moi qui irais dire des choses pareilles, bien que je sois férocement intelligente, ouverte dans ma tête et que ma vie soit un florilège d’évènements délicats et délicieusement passionnants (et quand elles pètent, ça sent les chrysanthèmes ?).
Non mais je te jure, les connes !
Moi quand un blog me déplait, je n’y vais pas et c’est tout. Je boycotte tout particulièrement toute page ornée de fées, de fleurs roses, de cœurs entrelacés, de lapins mauves-oursons bisouteurs, de maximes loukoum, diffusant du Christophe Maé en fond sonore.
