Le port du débardeur
Ca y est, j’ai reçu ma convoc pour le casting des taupes antiques… jeudi après-midi.
Je me suis demandée pourquoi ils exigeaient une photo où l’on voit les bras. C’est pour un shampooing. Un shampooing pour les aisselles ? Non. J’ai eu soudain l’illumination explicatrice en me rappelant les discours de la Directrice Make-Up chez Yves Saint-Laurent, où je travaillais à 20 ans.
Elle avait 55 ans bien sonnés, toujours tirée à 4 épingles, mais pas tirée-liftée. Belle femme, que je trouvais bien entendu antédiluvienne à l’époque.
Nous servions, nous les « petites », de modèles pour les nouveautés maquillage.
Elle disait aux filles qu’elle formait : « Allez-y, vous pouvez charger, elles sont jeunes. Plus la cliente est âgée, plus il faut avoir la main légère et subtile. Rien de pire qu’une vieille dame fardée à la truelle. Pour votre information, Mesdemoiselles, sachez que chez la femme, la débandade commence à deux points clefs. Le cou, et bien sûr (soupir), les bras… à partir d’un certain âge, le port du débardeur peut se révéler absolument désastreux. Mesdemoiselles, nous finiront toutes avec les bras qui pendouillent ! »
Yerk, pensais-je alors, j’espère clamser avant d’avoir les ailerons flottants !
Joies de la vieillesse, le cou de cygne qui se mue en collerette de dindon et les biceps qui font sécession et se barrent de l’autre côté de l’os, façon bac à gélatine. Que du bonheur !
Bref, c’est donc pour ça que le bras nu était exigé pour le casting et qu’on va nous faire poser en débardeur dont le port peut se révéler absolument désastreux…
Jézinpeupeur.