Belle fille !
Bon, c’est fait. Elle est bien, ma bru. Elle a passé l’épreuve haut la main, pourtant c’était pas fastoche.
D’abord, elle est toute mignonne et toute souriante, ce qui est préférable à une moche qui fait la gueule, il faut en convenir. On dirait la petite sœur de Léna.
Elle m’a apporté une brassée de fleurs, pas des fleurs snobs, un gros bouquet de printemps avec des renoncules, des tulipes et des jonquilles.
Elle ne s’est pas évanouie à l’arrivée de Lancelot le Divin qui, après s’être fait une coupe iroquoise la semaine dernière, a maintenant une boule à zéro moyennement seyante. On dirait qu’il cherche à s’enlaidir à tout prix ce garçon.
Elle a une paire de roberts commack ! Ce qui m’indiffère totalement mais qui semble être un avantage en nature très prisé par Premier (et tous les mecs en général).
Elle a mangé comme 4, de tout, a repris de tout et ne m’a pas passé de brosse à reluire obséquieuse du genre « Belle-Mam, mais c’est exquis, il faut absolument que vous me donniez la recette ! ». Non, juste un « c’est bon » entre deux bouchées avec les yeux qui brillent de gourmandise.
Elle a chanté avec nous « Pas d’papier water » et « Springtime for Hitler in Germany », que de la belle musique d'un bon goût absolu.
Elle n’a pas frémi quand Lili lui a dit : « Ah, tes parents sont tous à Verdun ? Ils sont morts ? »
Elle s’est marrée quand Lancelot a sorti les vieux dossiers honteux sur les habitudes nocturnes de Premier, enfant. Par exemple la nuit où, effrayé à l’idée de traverser l’appartement endormi pour aller aux wawas, il avait posé culotte sous le lit, empuantissant l’atmosphère pour une semaine, temps qu’il m’a fallu pour découvrir l’origine de l’odeur nauséabonde qui flottait dans la chambre des nains.
Elle a le rire et la parole facile, elle est curieuse et vive, c’est une vraie parisienne !
Elle kiffe mon fils grave, et ça c’est chouette.
Saute-Biniou demande lui aussi une présentation officielle… l’épreuve risque d’être corsée, car chez le Jean-Louis, en Bretagne, c’est du brut de décoffrage ! Il ne sait pas ce qui l’attend !
A part ça, je crois que je vais lâchement jeter le gant au niveau de ma saga des Fausset Boson de Higgs, j’ai la créativité d’une moule moldave en ce moment. Vous ne saurez donc jamais comment Diane Fausset s’est trouvée embobinée par un malfrat et s’est enfuie au Congo avec la bande à Bonobo, ni pourquoi Polly Styren était surnommée « Crap a hut » que l’on pourrait traduire grossièrement par « chier une cabane ». Le destin d’Amédée la Marmule restera un mystère. J’ai atteint mon niveau d’incompétence littéraire et je n’ai pas suffisamment de cerveau disponible pour pondre une histoire à rallonge. Mea culpa, j’avais qu’à pas me la péter en vous demandant de me mettre à l’épreuve, je me suis vautrée lamentablement.
Qu’importe, je vais à Nantes le week end prochain, et ça sent fort le printemps !