Mes vices et ma chignole
LOU m’a taguée, la vilaine, en me demandant de révéler en place publique 6 trucs tordus bien perso.
Allez hop, déloque toi et fais montrer devant tout le monde. Alors que Madame Lou, je ne la connais ni des lèvres ni des dents, comme disait l’autre.
Soucieuse de plaire et obéissante de nature, je me creuse la cervelle avec une grosse chignole pour trouver des réponses à cette question troublante et parfaitement hors de propos. Tout chez moi est parfait, limpide, innocent, nickel chrome, c’est bien connu.
Des défauts vicelards ? Des manies louches ? Des habitudes peu ragoûtantes ? Que nenni ma bonne amie, je suis un diamant pur arraché à une montagne d’airain.
Toutefois…
Chaque fois que j’entends une fanfare, je pleure.
Qu’elle soit bonne ou mauvaise, pro ou ploucvillesque, l’effet est garanti.
Je me souviens du temps béni où j’habitais dans le 18ème. Chaque année, Fête des Vendanges à Montmartre, avec défilés dans les rues de locdus en costumes agricoles, majorettes à la cuisse frémissante et… fanfares.
J’y allais seule, presque honteuse, et me dissimulais dans une encoignure de porte cochère avec ma boîte de Kleenex. L’extase lacrymale !
Une copine du quartier m’a surprise un jour en pleine larmoyance, cachée derrière un parcmètre.
- Danielle ? Ca va pas ?
- Si très bien, ouiiiin.
- Ah non, là, ça va pas !
- Mais si, ouiiin (casse toi, pôv’conne !)
- Viens à la maison, on va boire un café, on va parler.
- Je préfère être seule, ouiiin (punaise, mais casse toi, y’en a une bonne qui arrive, je l’entends déjà en bas de la rue, j’ai un déferlement en prévision, un orgasme tsunamique qui monte)
- T’es sûre ?
- Ouin !
- Je te laisse, alors ?
- OUIN !
- Tu m’appelles, hein, si ça va pas ?
- OUIN ! OUIN !
Bon, voilà, elle est contente, Madame Lou ? C’est assez tordu comme ça ? Parce qu’autrement je suis bien ordinaire. Alcoolique, nymphomane, tabagique, comme tout le monde, RAS, circulez, y’a rien à voir !
Ah oui, quand même, un truc bien honteux… je suis anglophile. I love la perfide Albion d’un amour coupable, assumé et revendiqué. Cet article est d’ailleurs illustré des photos d’un film que j’ai bien évidemment adoré, puisque anglais et consacré à la petite fanfare d’une cité minière sous Thatcher. Un bijou !