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RAOUL

Mercredi 10 juin 2009 3 10 /06 /2009 10:50

Comme je n'ai aucune inspiration, je vous propose du réchauffé. Tiens, l'une de mes premières rencontres Meetic... un joli souvenir romantique, l'un de mes plus charmants Raoul.


Rendez-vous 18 heures – Bastille

 

La place rouge était blanche. Blanche de blouses.

Une manif d’internes en rogne contre je ne sais quelle nouveauté innovante de Bling Bling 1er.

Super ! J’avais dit : « Tu me reconnaîtras facilement, j’aurai un imper blanc ».

J’hésite à l’enlever, mais il pleut.
Je signe la pétition 3 fois (valent mieux qu’une) et je pars à la chasse au Raoul.

Ah, le voilà, une silhouette recroquevillée derrière l’entrée du métro. C’est un vilain menteur, le garçon, ou il est fâché avec les dizaines. Il a surévalué sa taille de 10 cms et sous-évalué son âge de 10 ans. Tant pis. Je m’approche.

-         Bonjour ! On n’aurait pas rendez-vous, par hasard ?

-          Euh… Oui… Euh…

Blanc de 3 kms. Faut croire que c’est la grande journée du blanc.

-         On va boire un pot ?

-         Euh… Oui… Euh…

Direction Rue de la Roquette, café lambda, installation maladroite, puis silence. Ca commence fort.

Tiens, chouette, le serveur.

Commande, puis silence.
Pour parfaire l’ambiance, un couple d’ados à côté se roule des pelles Jacques Mayol. On frôle des records d’apnée au pays de l’acné.

Re-chouette, le serveur sert.

Allez hop, une petite gorgée pour fluidifier la diction.

Rien.
Je cherche désespérément quelque chose à dire. De préférence quelque chose de magique qui décoince la situation. Plus je cherche, moins je trouve.

Raoul se plonge dans la contemplation mystique de son sous boc. Il fait peut-être collection ?

Trouver un truc drôle à raconter à propos des sous bocs. Rien ne vient.
L’atmosphère s’épaissit de seconde en seconde. J’ai l’impression de respirer de la polenta.

Alors, je dis n’importe quoi.

-         Tiens, aujourd’hui j’ai vu un plombier !

Lueur dans le regard du poisson mort.

-         Oui, je fais faire des travaux, je fais poser une douche.

-         Ah oui ! Moi aussi j’ai fait des travaux chez moi, il y a 6 mois !

Re-re-chouette.

-         En fait, j’ai posé un parquet flottant !

-         Non ?

-         Si ! Et…

Et c’est parti. L’épopée complète en 5 volumes du parquet flottant. Le choix du fournisseur, la qualité du bois, la comparaison des prix, la livraison, la méthode de clipage…

Intarissable, le Raoul. Pas moyen, ni envie, d’en placer une.

Je suis réduite au rôle du clébard en plastique qui dodeline sur la plage arrière de la Clio familiale.

Son regard est enfin clair, il s’anime, il fait de grands gestes… Clip, clip.

J’aurais du mettre une robe en bois !

Soudain, alors qu’il aborde le sujet délicat de l’espace à respecter entre les lattes, parce que le parquet, ça travaille, l’ado d’à côté se lève d’un bond, bleuissant, et dégaine son portable.

Il suffoque, il va mal. Accident d’apnée ?

-         Allo Docteur, je crois que je vais faire une crise…

Il sort en beuglant dans son téléphone.

Sa compagne le suit mollement, les yeux écarquillés. L’ivresse des profondeurs, sans doute.

Mon Raoul, imperturbable, attaque le couloir…

-         Excuse-moi !

Je sors à la suite du Grand Bleu, je le prends par l’aileron et  le conduis vers les blouses blanches.

-         Occupez-vous de lui, il a un malaise !

La vague blanche absorbe mon malade et sa morue.

Tête basse, mais conscience tranquille, je rejoins le grand bâtisseur.

Il reprend son récit où il l’avait laissé. L’a-t-il seulement interrompu pendant mon absence ?

J’en ai ras le bol. Je lève le camp, prétextant un prétexte foireux.

Raoul, toujours disert, me narre par le menu l’époustouflant épisode du ponçage, tout en me ramenant au métro. J’abrège.

-         Au revoir !

Ouf. Je souris toute seule comme une imbécile dans le métro, libérée des travaux forcés.

Tiens, texto !

« J’ai adoré cette conversation avec toi, on peut se revoir très vite ? »

Je n’ai pas eu le courage de répondre… Peut-être vais-je rater une leçon magistrale sur le crépis. Tant pis.

Allez, Parquet Flottant, va jouer aux billes sur l’autoroute !


Par PRISE DE CHOU - Publié dans : RAOUL
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Mercredi 8 avril 2009 3 08 /04 /2009 09:30

Il s’éveille au petit matin, seul dans son futon en poils de gnou. Oui, Il se lève avec le soleil, son ami, son double. Il est persuadé d’avoir été pharaon dans une vie antérieure, une sorte de Râ Lovely.

Il passe devant les miroirs sans y jeter un regard, Il risquerait de prendre du retard, ébloui par la contemplation béate de sa rayonnance matinale.

Un bol d’Ovomaltine, une francfort-frites, trois tartines de foie de morue, une ligne de coke, une douzaine d’huîtres, un mojito-ananas… le petit déjeuner est vite avalé. Certes, c’est d’une frugalité toute relative, mais faut nourrir le molosse !

Le voilà qui se dirige vers la salle de bain pour ses minutieuses ablutions quotidiennes. Il brosse ses 34 dents avec soin, se munit d’un chausse-pied graissé à l’huile de phoque et entreprend de s'introduire dans la baignoire. Il n’y a plus de place pour l’eau, mais qu’importe, c’est l’intention qui compte. Il gratte la couenne qui dépasse du bac avec un gant de crin inondé de Brut de Fabergé, puis s’extrait aux forceps en ahanant de douleur. C’est chaque jour plus difficile.

Il doit affronter le miroir, à présent. Sa splendeur le chavire, comme toujours. Il reste là, hypnotisé par la vision de sa perfection. Le front marmoréen, l’œil perçant, le nez aquilin, le menton puissant, et les cheveux… ah, les cheveux ! Une manne luxuriante, entre Rahan et Chabal, avec un je ne sais quoi de Nelson Monfort. Un filet mignon de bave admirative lui dégouline de  la commissure des lèvres.

La sonnerie stridente du téléphone retentit soudain.

A suivre…

Petites précisions.
Ce récit, vous l’aurez compris, a pour origine le com hallucinant de modestie du Sieur Den, qui apparemment prend les femmes pour des poules et n’aime que les ânes. Eux aussi cessent-ils de braire quand il entre dans l’étable ?

Toutefois, ce n’est bien évidemment pas le Sieur Den en question que je décris, je ne le connais pas. Le personnage fictionnel développé ici va bien plus loin dans la goujaterie et l’autosuffisance, du moins je l’espère.

Comme d’hab, je ne sais pas où je vais, mais j’y cours.

Par PRISE DE CHOU - Publié dans : RAOUL
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Mardi 7 avril 2009 2 07 /04 /2009 08:31

Je me demande si je ne vais pas changer de fiancé, moi.

Non que j’aie le moindre grief envers l’actuel, qui a démontré ces derniers jours encore l’étendue de ces indéniables qualités. Il plaît à mes enfants, il plaît à mes amis, c’est lassant… comme il y va, il serait même capable de plaire à mon père. C’est dire s’il est plaisant.

Et puis cette capacité à décimer la faune ! Ca m’épate toujours, il faut bien l’avouer.

Mais à sublime, sublime et demi, et j’ai découvert dans l’un des commentaires de mon post précédent celui qui, peut-être, détrônera le détenteur du titre.

« On me dit pas mal, voir impressionnant. Il m'est arrivé de rentrer à l'improviste dans une salle de dames qui caquetaient, le silence brusque s'installa ». Une phrase sibylline, et le doute s’immisce dans mon esprit. Y’aurait-il plus beau, plus fort, plus divin que Saute-Biniou ?

Si oui, il me le faut absolument car, en toute modestie, je ne fraye qu’avec l’Olympe, le Gotha, et l’uppercrust de l’UMP de Neuilly.

Penchons nous donc sur cet intriguant prospect. DEN, 3 lettres qui flamboient au firmament de la mâlitude absolue. DEN, pour Dionysos et Narcisse. Ses parents hésitaient entre les deux et décidèrent de fondre le tout en ce petit prénom de trois lettres qui n’a l’air de rien mais qui veut dire beaucoup.

Den Hibart-Komack, handicapé par sa splendeur, n’a pas tous les jours une vie fastoche !

A suivre…

Par PRISE DE CHOU - Publié dans : RAOUL
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Mercredi 11 février 2009 3 11 /02 /2009 12:33

Ca y est ! J’ai réussi… je me suis désinscrite de Meetic.

Pas sans mal, d’ailleurs, il a fallu que je tape la discute avec une dame à l’accent étrange, leur centre d’appel doit être en Papouasie Nouvelle Guinée où dans la banlieue de Charleroi, je ne vois que ça.

Elle m’a demandé si je ne voulais pas m’inscrire sur un autre de leurs sites à la noix, plus cher mais tellement plus efficace. Elle vendait sa came avec l’enthousiasme d’une anorexique devant une choucroute garnie.

J’ai fini par lui couper la chique en affirmant que j’avais trouvé l’homme de mes rêves grâce à eux, qu’il s’appelait Raoul et que nous allions convoler au printemps, que le voyage de noces serait somptueux et exotique, vu que Raoul, outre un physique avantageux, était pété de thunes.

J’ai du être convaincante, elle en avait la bave au groin, la papoue ! Elle voulait des détails, la couleur de la robe, le nom du traiteur… est-ce que je l’avais rencontré rapido, est-ce qu’il était abiloli et tout et tout.

Non, là j’exagère, mais à peine.

M’est avis qu’elle va s’inscrire vite fait chez ses employeurs, pleine d’espoirs et de rêves en blanc.

Bon, alors, bilan meeticien.

Globalement positif, il faut bien le dire.
J’ai certes rencontré une tapée de ringards magnifiques, mais aucun malade dangereux, aucun satyre à la queue fourchue, aucun serial killer.

J’ai fréquenté plus ou moins longtemps et à des niveaux divers 4 messieurs franchement intéressants et sympathiques. J’ai même « raté », tout au début, un type extraordinairement conforme à mes fantasmes les plus fous, mais j’étais encore timide et inhibée à l’époque et je l’ai éconduit alors que tous les feux étaient au vert. J’étais persuadée qu’il était trop bien pour moi. Tant pis, ou plutôt, tant mieux !

Moralité (terme assez mal choisi en la circonstance), Meetic remplit son rôle d’entremetteur, et quand on cherche, on trouve, quand on veut, on peut, tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se case…

Photo : Saute-Biniou 

Strictement rien à voir (quoi qu’elle puisse être un peu cruche aussi, mais cruche à mojito), une petite tof d’Audrey lors de son dernier concert. Va falloir que je refasse une promo, elle joue au théâtre, et puis y’a la Cassis qui remet ça, et mon fiston aussi. A suivre !

 

Par PRISE DE CHOU - Publié dans : RAOUL
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Jeudi 8 janvier 2009 4 08 /01 /2009 20:47

J’ai tout de même eu un sacré bol dans ma vie. A bien y regarder, je ne suis sortie qu’avec de beaux mecs, alors que je suis loin du canon bombastique.

Deux exceptions toutefois.

Un « one shot » en début d’année dernière. Il s’est trouvé au bon endroit au bon moment. Je m’ennuyais et je commençais à craindre les toiles d’araignées dans la lolotte.

Ce fut vite plié. Je lui ai fait son affaire et l’ai flanqué à la lourde illico. J’aurais été plus gentille s’il avait été moins con, mais là, il cumulait grave, pépère.

Ouh la vilaine fille, aucun respect pour le mâle dominant, direz-vous. Hé oui, c’est comme ça et pi c’est tout.

L’autre, c’était il y a fort longtemps, l’un des premiers. Je l’ai revu l’autre jour sur Fessebouc, JDB. Il n’était déjà pas super jojo à 27 ans, à 60 ça ne s’est pas arrangé.

Dire qu’il me fascinait ce type !

Un intello pur porc qui m’emmenait voir des films abscons* auxquels je n’entravais que dalle malgré ses éblouissantes et interminables explications.

J’écoutais, bouche bée, l’œil écarquillé, flattée de servir d’auditoire à un phoenix du neurone.

J’avais 20 ans, c’est l’excuse. Autant vous dire qu’aujourd’hui, je l’enverrais jouer aux billes sur l’autoroute avec ses discours de la méthode en dix volumes.
Il écrivait. Je tapais ses textes, religieusement, sans en comprendre un traître mot.

Lui n’en voulait qu’à mon maigre fessier, bien entendu.
Il m’invitait chez lui (métro Faidherbe-Chaligny), me faisait –très bien- la cuisine, sans doute dans l’espoir de m’engraisser un brin, puis –très mal- l’amour. Heureusement, c’était bref. Il recommençait immédiatement sa causerie sous la couette jusqu’au bout de la nuit.

Je repartais au matin, avec les oreilles flapies et la certitude renforcée d’être totalement frigide.

JDB est aujourd’hui un écrivain vaguement connu, basé en Irlande. En tous cas, il vit de sa plume, c’est bien. Je lui voyais un avenir moyen dans le charme, voire le porno.

Faudra que je le lise, un de ces jours, histoire de voir si mes cellules grises ont évolué aussi positivement que ma frigidité.

Voilà. C’était la paire des pas trop choucards.

Je parlerai des autres une autre fois, demain peut-être. Enfin pas de tous, certains ont souhaité conserver l’anonymat (Javier B, George C., Jude L., Michel D. et quelques autres).
* Quelqu'un a vu "Le Sourire Vertical" ? Moi, oui...


Découvrez Clarika!
Ecoutez-moi cette petite merveille... sur les garçons !
Par PRISE DE CHOU - Publié dans : RAOUL
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