La foire à tout

Publié le par CHOU

J'ai passé ma journée d'hier à voir passer du monde derrière un étal de marché. « A la petite bretonne, pâtisserie », mais je ne vendais pas de kouign amman, seulement des chapeaux. J'en ai vu défiler, des pèlerins et des pèlerines.

J'aime bien les brocantes pour ça. Suivant les quartiers, suivant l'heure, les chalands changent. Aux acharnés du petit matin avec lampe de mineur sur le front à la recherche de la bonne affaire au cul du camion, succèdent les lève-tôt vers les 8 heures. Modestes toujours, immigrés souvent, ils viennent avec un chariot à remplir de fortunes à moins d'un euro. Dans cette tranche horaire, on trouve aussi du mari qui va chercher les croissants dominicaux, de la femme en peignoir qui va faire pisser Médor et du jogger en moule-zob et bandana.

Tous ces gens là ne s'intéressent pas à mon petit commerce et c'est bien dommage qu'il me faille me lever de si bonne heure alors que mes clients ne déboulent que sur le coup de 11 heures ou midi, en sortie de messe ou de PMU.

J'étais à Rueil Malmaison hier, avec une amie de toujours, indigène de là-bas, qui tentait d'écouler les trésors de son grenier. Comme elle a travaillé chez Air France et qu'elle a fait plusieurs fois le tour du monde, elle a amassé une palanquée de babioles exotiques dont elle n'a que faire et qui encombrent son chez elle.

Nous attaquons les premières heures de l'après-midi, digérant le casse-croûte first class que Daïdir (l'homme de ma copine) avait amené. Sandwiches variés - saumon, mousse de canard, jambon à l'os - arrosés d'un champagne du meilleur cru. Moi je dis qu'ils savent vivre chez Air France et que la brocante au champagne, ça a de la gueule !

Bref, je somnole un peu sous mon chapeau quand j'entends crépiter des flashs. Devant mon bouclard, un grand type très joli de sa personne (genre Clint Eastwood en moins suranné) me mitraille à tout va.

Je suppose qu'il s'agit d'un membre de l'organisation locale qui fait un reportage pour la feuille de chou du cru. Je fais risette, je prend la pose. Flashman me remercie, et me dit qu'il repassera me voir plus tard. Mais faites donc, mon ami, vous avez une dégaine charmante, on ne s'en lasse pas.

Les heures s'écoulent entre bavardages amicaux et transactions commerciales de haut vol, et à l'heure du remballage de gaules, voilà Flashman qui refait surface. Il me fait un sourire à one million dollars, baby et me colle sa carte de visite dans la main. Il a de très belles photos de moi et de mes galures, il aimerait me les montrer, autour d'un verre, pourquoi pas...

Je lui signale que je ne vais pas lui acheter de photos, qu'il est gentil, mais que je n'en ai aucunement besoin.

Il rétorque que ce n'est qu'un prétexte, et qu'avec ou sans photos, il aimerait bien le prendre, ce verre, avec moi. Il me signale que son numéro de téléphone est sur la carte, et il se barre.

Je ne suis pas de ces filles qu'on drague. Même plus jeune, je n'ai jamais été de celles qu'on poursuit, qu'on harcèle, qu'on couvre de fleurs et de mots doux. Je leur flanque plutôt la trouille aux garçons, et c'est très bien comme ça, ça élimine immédiatement les demi-portions. Mais j'ai remarqué que depuis que je suis amoureuse, j'ai un regain de succès auprès de la gent masculine. C'est pas merveilleux ? Et c'est d'un tel classicisme... quand on est seule on ne plaît à personne, quand on ne l'est plus, tous les mecs vous courent aux basques. Elle est admirablement bien faite, la vie !

J'ai jeté la carte de visite.



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G
<br /> Nulle insinuation valant reproche. Mais une opportunité permettant de réduire les manques entre 2 voyages dans le grand ouest, ça n'est pas à négliger, non ?<br /> <br /> <br />
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G
<br /> "J'ai jeté la carte."<br /> Pourquoi faut-il donc qu'un doute sérieux m'assaille à ce sujet ?<br /> ...<br /> Ah oui, tu es comédienne dans l'âme.<br /> <br /> <br />
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C
<br /> Insinuerais-tu que j'ai la cuisse légère, Galu ?<br /> En même temps, je préfère l'avoir légère que lourde et recouverte de gras. Un choix de vie, en quelque sorte.<br /> Et oui, j'ai jeté la carte, cette fois.<br /> <br /> <br />
C
<br /> Ce qui relance la polémique sans fin sur la taille du bazar...<br /> Ca compte ou ça compte pas ?<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Oui, ça compte, mais faut pas le dire, c'est très incorrect !<br /> <br /> <br />
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C
<br /> - "Et c'est quoi la focale de votre zoom ?"<br /> - "Hu hu hu ! Un 70-135 mm"<br /> - "Ah non, désolée, c'est trop petit pour moi"<br /> <br /> Paf le dragueur.<br /> <br /> <br />
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C
<br /> T'as raison, Crazy, l'est pas mal le Macaron, voire beaucoup plus mieux que pas mal. Du coup, je ne me plaindrai pas !<br /> <br /> <br />
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