Allo, Sigmund ?

Publié le par PRISE DE CHOU

 

La nuit, je mens, je prends l'écrin qui enserre mes rêves... et je le garde jusqu'au matin.

Oui, je rêve beaucoup, comme tout le monde, et je me souviens fréquemment des histoires tordues que mon inconscient tricote, comme certains.

Je vous livre en gros les trois derniers chapitres de mes élucubrations nocturnes.

Y'a des fois, je me demande s'il ne serait pas préférable que je consulte.

1 – La porte !

Je suis seule dans un très grand appartement, zen et moderne, situé au sommet d'une tour de type La Défense. J'y suis parfaitement à l'aise, je suis chez moi.

J'ai par contre de gros soucis avec les portes d'entrée. Il y en a trois et l'une d'elle est toujours ouverte. Je traverse l'appartement pour la fermer, et c'est une autre qui s'ouvre. Agaçant, déroutant, d'autant plus qu'en surgit Rachida Dati, échevelée, hagarde, un énorme dossier sous le bras.

Elle me supplie de la cacher, elle est poursuivie. On en veut à son dossier.

Très accueillante, je lui claque la porte au nez. Qu'à cela ne tienne, elle rentre par celle qui vient de s'entrouvrir et reprend ses prières.

Elle est en pleine détresse. Je sens que je faiblis et que je vais l'accueillir, malgré le peu de sympathie que j'ai pour elle, et que je vais me taper un niveau d'emmerdes assez maximal avec son dossier. Elle s'affale sur mon canapé (très chouette le canap, j'aimerais bien en avoir un comme ça pour de vrai), sort son téléphone portable, et très ragaillardie d'un coup, se met à blablater comme une commère avec un interlocuteur inconnu, oubliant complètement mon existence.

Je reste là, posée sur un fauteuil, le dossier sur les genoux. L'inquiétude monte, je surveille les portes.

Fin. Réveil entre l'angoisse et l'énervement.

2 – Sabrégoupillon

Dans la mairie d'un village du genre station de ski poussiéreuse, Philémon et moi sommes assis dans une salle un peu sombre, droits sur nos chaises.

Nous avons été convoqués tous deux pour être soumis à un test qui sera déterminant pour l'avenir de nos enfants respectifs.

Un « examinateur » avenant comme les durillons de Maïtre Capello déplie des papiers qu'il pioche au hasard dans un petit tas, sur son bureau.

Toutes les questions qu'il sort ont trait à la religion.

Le nom du cochon d'inde de Marie-Madeleine, Esaü avait-il les doigts de pieds palmés, mangeait-on du Kouglof sur les rives du Jourdain et si oui avec de la confiote de prunes ou du peanut butter, etc.

Phil, très smart et délicieusement élégant, comme toujours, se tourne vers moi à chaque question pour me céder le crachoir au cas où j'aurais la réponse, ce qui n'est évidemment jamais le cas.

Il se lance alors dans une logorrhée savante et documentée sur la genèse de Babulos (le cochon d'inde de M.M.), étymologie, légendes annexes, extrapolations philosophiques, tout y passe.

Je me ratatine de plus en plus sur ma chaise.

Fin. Réveil entre l'inquiétude et la rigolade

3 – Les tomates tueuses. (attention, là, on touche au délire)

Mac et moi sommes jeunes (ça a du nous arriver il y a longtemps, je ne me souviens plus). Nous sommes embauchés pour faire de la figuration sur un navet tragique « L'attaque des tomates tueuses »*.

On ne fait pas grand chose sur le plateau, la tendance serait plutôt au bécotage dans les coins sombres. Sympa.

L'assistant réalisateur annonce au mégaphone que la scène cruciale du film est sur point d'être tournée, l'arrivée des tomates tueuses, portées dans une caisse hermétique par un fort des Halles.

Tout le monde sur le plateau ! Silence, on tourne !

Nous sommes là tous les deux, main dans la main, au milieu de tout un groupe de jeunes ballots. Le costaud ouvre la caisse avec un pied de biche. Les tomates jaillissent.

Des tomates d'allure lambda... mais elles sautent sur les figurants et les bouffent pour de bon.**

Mac et moi tentons de nous enfuir, mais les tomates sautent vite et haut et nous rattrapent sans peine.

Elles nous bectent vivants.

Fin. Réveil en vie et en sueur, très inquiète quant à ma santé mentale.

*Le film existe, ou c'est « Le retour, ou la vengeance, ou je ne sais quoi des tomates tueuses », c'est avec George Cloné, Mesdames...

**La scène m'a fait penser à Sacré Graal, la séquence du lapin fatal...

 


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micdevil 27/05/2009 08:19

" faites que le rêve dévore votre vie afin que la vie ne dévore pas votre rêve ". Saint Exupéry.

PRISE DE CHOU 27/05/2009 10:08


Très joli !


Chriss 27/05/2009 03:27

J'sais pas pourquoi je me suis réveillée si tot moi ! allez je redors encore une demi heure juste pour voir si je reve aussi...
bises à toi la dormeuse

PRISE DE CHOU 27/05/2009 10:08


Fais de beaux rêves !


S. 27/05/2009 00:50

Tu l'as son numéro ?
En tout cas j'espère que tu leur a bien pêté la gueule aux tomates juste avant de te faire manger ^_^
Mes amitiés à Rachida et bonne nuit...

PRISE DE CHOU 27/05/2009 10:07


J'ai fini en pâté pour chien, mais j'en ai tout de même aplati quelques unes façon ketchup !


macaron 26/05/2009 22:56

Bon alors, y avait quoi dans le dossier de Rachida ? Du croustillant ? Pfff on n'est pas informé !!!

PRISE DE CHOU 27/05/2009 10:05


T'inquiète, on ne révèlait pas que tu étais le père de l'enfant. Merde ! Je l'ai dit !


Hélène 26/05/2009 22:10

Que de doux rêves...Sigmund aurait été scotché...Ici au moins on rit...Parce qu'entre les abandons de poste et les déprimes des survoltés du cerveau, la blogosphère est d'un triste...

PRISE DE CHOU 27/05/2009 10:02


Oui, ça va pas fort dans la blogo en ce moment... Reviens, Charles Hédiard !!!