Le malappris de Diane - Amédée la Marmule

Publié le par PRISE DE CHOU

Ca ne rigolait pas tous les jours chez les Fausset Boson de Higgs.

Les enfants filaient droit, la langue était châtiée, le personnel ancillaire était discret et efficace.

En surenchérissant sur les grands principes de la bourgeoisie rigide, on cherchait sans doute à masquer la basse extraction du fondateur de la dynastie, Amédée Fausset, dit Amédée la Marmule, qui avait fait fortune presque malgré lui dans les salaisons après une carrière peu glorieuse de barde itinérant.

Ce joyeux drille, dont l’intempérance et les mœurs dissolues avaient en leur temps défrayés la chronique, faisait tache dans cette famille de pisse-froids et de culs-bénits.

Aucun de ses descendants n’avait reçu en partage son goût immodéré pour la dive bouteille et la pratique compulsive de la bête à deux dos (voire trois, ou quatre).

On forniquait avec parcimonie chez les Fausset Boson de Higgs, et toujours à bon escient, dans l’unique souci de perpétuer la lignée.

Les reproducteurs étaient soigneusement sélectionnés sur 7 critères immuables : le pognon, le blé, le flouze, l’oseille, le jonc, la thune et la fraîche. Si l’impétrant(e) avait l’heur de se conformer à toutes ces exigences, on lui ouvrait grand les portes de la maisonnée, et petit les draps brodés du lit nuptial.

D’amours folles et de passions sauvages il n’était point question.
La femme d’Amédée, Marie-Solange Boson de Higgs, était à la source de l’intense coincebardise de la famille.

Culbutée par surprise dans l’ombre d’une grange par la Marmule beurré comme un coing, elle avait porté toute sa vie le lourd fardeau de sa faute, aggravée par l’arrivée 9 mois plus tard d’un enfant frêle et le mariage hâtif et honteux qu’elle avait du contracter avec son séducteur.

Sèche et revêche, elle avait refusé sa couche définitivement à l’homme qui l’avait plongée dans le déshonneur, lequel s’en battait allègrement les flancs, occupé qu’il était à trousser tout ce qui portait jupon dans la région.

Il avait disparu un beau jour, laissant tout dernière lui, fortune et parentèle. Nul ne savait ce qu’il était advenu du barde priapique.

La vie avait continué sans lui, réglée comme du papier à musique militaire. Travail, famille, hostie, dans la grande maison glacée où toute fantaisie était proscrite.

La dernière des Fausset Boson de Higgs avait été prénommée Diane, en souvenir d’une cousine entrée dans les ordres en 1962 et morte d’une angine de poitrine en 1963, pendue dans une cellule du couvent.

Diane posait bien des problèmes à sa vertueuse famille...

Voilà, c'est le 400ème billet. Impossible de caser tous vos desiderata dans un seul truc, on va donc faire feuilleton. J'ai la nette impression de m'engager dans une bonne galère, vu que je ne sais pas où je vais. Mais j'y vais ! Banzaï !

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C
Galu - on va essayer, avec ou sans Constance !
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G
Pas mal...<br /> <br /> Même plutôt bien...<br /> <br /> En tout cas, bravo pour ce début aussi tonitruant et riche de noms à tiroirs. Coincée, maintenant : il faut poursuivre avec constance (pas la dame, hein).
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C
La suite nuptiale pour le Mac... et pour Alex !
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A
Ouais, ziva, t'as fini de baver sur mes vieux toi !
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M
La suite, la suite, la suite !!!!!
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