Furoncle, salade et PQ

Publié le par PRISE DE CHOU

Je n’ai pas eu le courage de me fader les Césars jusqu’au bout… un ennui mortel s’est emparé de moi vers le milieu de la cérémonie et j’ai coupé la chique aux professionnels de la profession qui devraient se choper le complexe du corn flakes. Ce sera toujours moins bien que les Ricains. Les Oscars, ça pulse plus tout de même.

Je ne deviens pas sérieusement ricainophile sur mes vieux jours, je suis objective, c’est tout.

Du coup, mortellement ennuyée mais pas somnolente, je me suis rabattue sur le théâtre. Galette m’a offert le DVD du spectacle de Luchini « Le Point sur Robert » pour mon anniversaire le mois dernier. Il est balèze de type, tout de même.

Faire un one man show d’une heure et des broquilles avec du Paul Valéry, du Roland Barthes et du Chrétien de Troyes, sans être gonflant une minute, je dis bravo. J’ai d’ailleurs applaudi à la fin, toute seule sur mon canapé dans mon costume de Ginette Drone.

Un point du spectacle m’a particulièrement « interpellée ».

La production brève dans le champ amoureux d’une contre image de l’objet aimé…

Mais qu’est-ce, me direz-vous ?

C’est assez simple, mais Barthes a un vocabulaire étendu, il s’en sert et il en use, avec la syntaxe de ceux qui ont l’habitude de décortiquer les idées comme on coupe les poils dans le sens de la longueur.

Alors voilà. Vous êtes amoureux. Dans votre regard tout gnan, l’autre est magnifique, parfait. Et soudain, subrepticement, apparaît  un élément qui souille la perfection de l’objet idéalisé.

Mesdames, vous avez rendez-vous avec Jude Law (ou Brad Pitt, ou François Fillon, chacune sa came). Vous êtes évidemment fébrile. Il arrive  avec un énorme furoncle en plein sur le pif. Ce n’est pas grave en soi, mais ça casse l’image… ce peut être aussi un sourire tendre cum feuille de salade entre les incisives, ou pire encore, un mot de travers qui brise le charme.

Exemple, dans un restaurant.

-         Mon adorée, je te quitte quelques minutes, ne bouge surtout pas, je reviens…

-         A tout de suite, trésor !

-         3 minutes plus tard…

-         J’en reviens pas, y’a pas de PQ dans les chiottes ! Au prix qu’on paye la coupe de mousseux tiède, il est vraiment naze, ce rade !

Ca casse, non ?

Evidemment, vous aimez Jude Brad François, mais son furoncle salade PQ laisse entrevoir derrière le portrait immarcescible* que vous vous faisiez de lui une réalité moins glamour. Vous êtes blessée parce que vous avez vaguement honte pour lui, et l’accumulation de ce genre de détails qui tuent peuvent mener à la déception, puis la colère, et finalement à la rupture.

Je ne parle évidemment pas des couples au long cours. Après 10 ans de vie commune, vous vous en contre-battez les flancs des histoires de furoncle salade PQ, vous avez sans doute vu pire. La gastro sauvage, la mesquinerie facturière, la lâcheté et le mensonge récurrent. Mais dans la zone enchantée et fragile des premiers instants d’un amour, la production brève dans le champ amoureux d’une contre image de l’objet aimé peut se révéler déstabilisante et dangereuse. Elle peut aussi servir de test quant à la viabilité d’une relation.

C’est pourquoi, lorsque mon fiancé viendra me voir la prochaine fois, je le recevrai en total look Ginette Drone, histoire de provoquer un électrochoc salutaire… mais il a déjà vu pire : les réveils avec yeux de panda et coiffure rasta. Il semble résister. Quel courage !

* Just for you, Blanche Dep !

 

Publié dans Moment de solitude

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micdevil 02/03/2009 10:01

Ah ! Ben tu compliques encore tout là ! Et oui bien sûr ils sont ambigus ces deux là et on sait pas toujours très bien lequel des deux est l'autre et lycée de Versailles .
T'as raison Macaron, faudrait bien contrôler Chou, la fulgurance de ses réflexions est douteuse...

PRISE DE CHOU 02/03/2009 10:25


Tant qu'à se prendre le chou, autant y aller carrément !


Macaron 02/03/2009 09:50

Ouais ! Je vais tous vous envoyer passer le controle antidopage moi !

PRISE DE CHOU 02/03/2009 10:22


T'avoueras, c'est louche...


chou 02/03/2009 09:44

Mic - en effet, c'est une évidence... mais pour avoir longtemps fait de la bicyclette, il me semble que le pédalant et le pédalé changent parfois de rôle. Non ?

micdevil 02/03/2009 09:12

Chou, au départ c'était simple, mais si tu ajoutes la question de l'identification du pédalant et du pédalé, alors là, ça se complique...
Je me contenterai de poser une question : ne peut-on pas considérer que le pédalant soit celui qui est au dessus et le pédalé celui en dessous ? Mais ce n'est qu'une question, pas un affirmation.

chou 02/03/2009 08:18

Mic et Cat - et c'est moi qui m'appelle Prise de Chou... je viens de me choper une céphalée à cornes en lisant les explications du Devil.
Reste toutefois à savoir qui pédale et qui est pédalé ! That is (also) the question !