Romantique, mon cul !

Publié le par PRISE DE CHOU

Amo, amas, amat, amamus, amatis, amant… ça c’est Rome Antique, ave Caesar, morituri d’amour te salutant bien bas, et bonjour à vot’ dame.

Romantique, autrement, la terrible image que j’en ai est celle d’un phtisique mou du genou qui bêle des poèmes niais devant sa belle à l’œil froufroutant, ou qui lui donne des sérénades interminables à la mandoline pendant qu’elle se faiche grave en se demandant ce qu’il a dans le kangourou, et s’il va se décider un de ces jours à lui montrer.

Faut dire que j’en ai eu un dans le curriculum, et uniquement dans le curriculum, je précise pour les esprits mal tournés, et ça m’a guérie à jamais.

Ne croyez pas que je sois imperméable aux sentiments, bien au contraire. Je rappelle que j’ai aimé d’amour pur pendant 25 ans le même gus et que je suis actuellement… merde, j’ai failli le dire !

Mais si je peux, sais, et aime aimer, ce sont les preuves et manifestations de cet amour qui semblent m’éloigner des commentateurs de ma dernière note, et de la plupart de mes contemporain(e)s.

Pour moi, l’amour, c’est gai. C’est une fête, la plus joyeuse et la plus grande de toutes les fêtes. Le corps, le cœur, l’esprit, tout bouillonne et s’exalte.

Le romantique est tragiquement lambda, il se conforme aux normes édictées au fil du temps par notre bien belle et généreuse culture. La dame doit être évanescente, et devenir le réceptacle de larmoiements rances et convenus. L’impétrant se doit de feuler sa délicate douleur à la lumière des bougies sacrées de l’immarcescible bandaison qui lui fait croire qu’il aime. Et que je t’idéalise, et que je te pare des atours d’une princesse, d’une fée, d’une déesse… les princesses pètent, les fées se curent le nez au feu rouge, et les déesses ont des engelures. Quant au prince charmant, il souffre parfois de crises hémorroïdaires.

Pfff !

Vous voulez que je vous dise ce que je trouve sublime, moi ? C’est le panache, le « j’ose », l’incongru, le happening fou. Faut que ça bouge, que ça vive, que ça surprenne, jusque dans la tendresse.

Comment Brice Willous a-t-il gagné mon cœur, il y a bien longtemps de cela.

Il n’a jamais été un littéraire, et Dieu merci, ne m’a jamais écrit de poèmes… j’aurais eu trop de mal à corriger ses fautes d’orthographe, pour commencer.

Mais il était flamboyant et sans peur du ridicule.

Au début de notre relation, nous étions sur les Champs Elysées, un soir. A un feu rouge, il a bondit sur une voiture à l’arrêt et s’est mis à hurler urbi et orbi (très latinisant, le billet, non ?) :

« Danielle, je t’aime ! Ecoutez tous, c’est elle la femme que j’aime ! JE L’AIME ! JE L’AIME ! »

Bon, le type dans la voiture était un peu surpris, mais les coups de klaxons étaient plutôt joyeux.

Franchement, je vous assure, les filles, que ça le fait.

Je me rappelle d’un film russe « Les Yeux Noirs » je crois, où Marcello Mastroianni descendait dignement dans une piscine, tout habillé, pour récupérer je ne sais quoi que sa belle y avait perdu. Je pense à Sir Walter Raleigh qui étend son manteau dans la boue pour que la Reine ne se salisse pas les nougats. Ca oui !

Mais les soirées merguez-guitare sur la plage avec la chanson romantique sensée donner le frisson à la dame, je trouve ça cheap. Les déclarations feutrées avec bagouse dans le mousseux, beurk. Les poésies pompées dans des recueils déclamées avec une voix de fausset et la larmichette à l’œil, je me marre. Mister Big, aux chiottes !

Vive Cyrano, à  bas Clayderman !

Je ne suis pas une OVNI, je suis capable de sentiments, et de costauds, je vous l’assure, mais la mièvrerie me révulse. Sorry !

L’amour, pour moi, c’est gai ou c’est terriblement triste. Entre les deux, et comme il faut, ça m’emmerde.

Lancelot s’est laissé casser par une pétasse qui l’empêche aujourd’hui encore d’avoir la vie joyeuse qu’il devrait mener. C’était la première, elle lui a farci la tronche de clichés bisounours qui lui empoisonne l’existence. Qu’on la pende par les tripes, elle et toutes les greluches de type « Nous Deux » qui se la joue libérées et qui fantasment chez Ikéa.

 

Ces choses dites, j’ai des nouvelles de ma connerie de l’autre jour, lorsque j’ai fait les devoirs de ma fille et écrit une nouvelle fantastique à sa place. Ca va pas du tout. Gros binz. Mais lors de la remise des résultats, Lili était malade (elle a même bégère sur l’affiche d’Holiday on Ice gare d’Asnières, c’est distingué) et n’a donc pas pu entendre ce que sa prof de français voulait lui dire sur « son » devoir. Oups. J’espérais juste savoir « combien j’avais », mais faut pas trop prendre les profs pour des cons et elle n’a pas gobé l’hameçon. Résultat des courses, jeudi prochain.

J’espère que Lili ne va pas se faire virer à cause de moi. J’irai plaider sa cause éventuellement. Porter le chapeau (je sais faire). Expliquer. Ca peut comprendre ce genre de truc un prof ? Ou pas ?


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Commenter cet article

prise de chou 13/01/2009 19:42

Quidam - ben oui on dirait qu'on est un peu d'accord... pour le reste, je profite, je déguste et je m'impatiente !

Macaron 13/01/2009 18:58

Ben moi non plus... On n'est pas dans la m.... !

prise de chou 13/01/2009 18:00

Mac - ben oui, mais je peux pas m'empêcher !

Macaron 13/01/2009 12:32

T'es pas gonflée toi ! C'est toi qu'à commencé sur mon blog !

Quidam LAMBDA 13/01/2009 12:25

Comme quoi on est assez d'accord, Chou ... ;-))

Et profites jusqu'à plus soif de ton état niaiseux, comme diraient nos cousins d'outre-atlantique. C'est en tout cas plaisant à lire pour nous ... :-))