Journée molle

Publié le par PRISE DE CHOU

Je me suis offerte une journée molle.

Le temps est passé comme dégoulinant d’une montre de Salvador D.

Mes courbes généreuses moulées dans ma nuisette La Perla,  alanguie sur mon canapé recouvert d’une opulente peau de bête, j’ai laissé mon langoureux regard courir de l’écran de télévision allumé toute la journée à « Sein und  Zeit », petit opuscule d’Arthur Martin Heidegger que je compulse en ce moment. Je ne comprendrai jamais comment on a pu donner son nom à un élément d’électroménager !

Ne craignez point toutefois que je sois restée baignée des miasmes de la nuit précédente. Mon rituel matinal est immuable, journée molle ou pas.

Jean-Georges a livré comme à l’usuel ce matin dès potron-minet les 4 barriques de lait d’ânesse qui sont indispensables à mes ablutions quotidiennes. Jean-Georges est un peu benêt, il vient de Livry-Gargan, mais c’est un jeune homme fort bien tourné et toujours prompt à rendre service. Beaucoup plus agréable que Jean-René, le livreur précédent, qui dégageait une forte senteur de Maroilles, de par ses origines lilloises. Il fait maintenant partie du service d’ordre de la nouvelle oberstrumbahnführeuse du Parti Socialiste. Et puis, contrairement à Jean-Georges, Jean-René avait un p’tit quinquin. On a beau dire que la taille ne compte pas, y’a des limites, merde !

Après mon bain asinien, j’ai enduit ma peau d’onguents orientaux achetés à vil prix chez Mary Ono, sœur de la veuve Lennon.

Et puis rien… l’écran, si plein qu’il semble vide. Le son coupé. La petite musique d’Heidegger qui résonne dans ma tête. Les bûches qui grésillent dans l’âtre rougeoyant.

De temps en temps, enfilant distraitement des mules en cygne sur l’exquise cambrure de mes pieds purpurins, je me suis glissée, féline, vers mon ordinateur, pour prendre des nouvelles des gens du vulgaire.

J’ai constaté avec ravissement que Monseigneur Sabrégoupillon avait recouvré la vue, ce dont je suis fort aise.

J’ai pris l’ampleur du pouvoir de séduction du Dr No Racam, qui, malgré une malencontreuse attaque de fruits de mer, reste toujours le fantasme brûlant des filles de la côte. Qu’elles songent encore à rivaliser me plonge dans des abîmes de questionnement. Quoi ? Il est temps d’abandonner toute illusion, Mesdames ! Vous avez à faire à trop forte partie. Mon charme est immarcescible et tout bonnement irrémédiable. Je fascine, qu’y puis-je ? J’envoûte, c’est l’évidence ! J'exsude la volupté, c’est ainsi. Rendez-vous à l’inéluctable.

Dans un effort surhumain, j’ai aussi épluché des patates.

Ce fut une bien belle journée ! Demain sera plus bel encore. Faudrait juste que je fume un peu moins.


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Louise 25/11/2008 16:21

Ben oui, j'espère bien que tu me causes encore!

prise de chou 25/11/2008 14:08

Art - oauis, j'ai vu ta méthode sur ton blog, mais c'est bon seulement pour les patates bouillies !

Art Vandelay 24/11/2008 21:01

Ha tu as épluché des patates...?! Mais avec quelle méthode?^^

prise de chou 24/11/2008 20:44

Dudsou - t'aurais même pas vooulu sortir avec moi si t'avais vu ma gueule ! Entre parenthèses, je prouve (((()))), je me prends le chou grave sur la pièce ! Ca a changé et c'est beaucoup plus plus plus difficile !

Dudsou 24/11/2008 20:13

Mouais...
Ca volupte, ça baigne, ça lascive... mais ça vient pas au théâtre avec Galette et Dudsou !
Pfff
(ça rate d'ailleurs un beau moment)
Na !