Les aventures de Prise de Chou et du Lapin Kougloff - 3

Publié le par PRISE DE CHOU

Je rentre dans mon 9.2 en ruminant. J’y plaît-y, j’y plaît-y pas ? Etrange, ce Lapin. Jamais croisé ce modèle auparavant. Il m’a dit deux trois trucs sur mon boulot, sur la façon de s’y prendre pour développer mes activités diverses, tout à fait éclairantes et pertinentes. J’ai croisé des hommes capables de m’aider à repeindre ma cuisine, à changer un joint ou à réparer mon ordinateur (Two Pix, qu’il s’appelle mon ordi, rapport au nombre réduit de pixels et à sa mémoire qui flanche, y’s souvient plus très bien), mais un type qui m’aide à avancer et à comprendre des choses sur moi-même et mon fonctionnement intra-crânien, jamais.

Monex n’était pas un imbécile, mais pas un intello non plus. Pendant les 30 ans que j’ai passés avec lui, il a lu 2 bouquins : un ouvrage de Jean-Claude Bourret sur les OVNI et un traité de vulgarisation psy à deux balles qui lui a démontré que si sa fille lui faisait la gueule, c’était de ma faute.
Quand je suis partie, il a détruit toutes les bibliothèques de la maison et jeté tous les livres que je n’avais pu emporter. Un amoureux de la littérature !

Arrivée dans mon chez-ouam, je fonce dans la salle de bains et me plante devant le miroir. Il est temps que je me cause et que je fasse un genre de bilan.

Premier point extrêmement positif, mes tifs sont secs ! C'est-à-dire qu’ils ne pendouillent plus lamentablement autour de ma tronche de panda, mais qu’ils mistifrisent gaiement en mode cul de caniche fraîchement toiletté. Faudra penser à faire une teinture, on voit par la racine que je suis une fausse brune. J’ai les cheveux blancs depuis l’âge de 35 ans.

Etat général de la tronche. Je ressemble à la mère de la jeune fille que j’étais jadis, normal. Pas encore à la grand-mère, ça viendra vite. Y’a des rides. Sur le front, entre les yeux, au coin des yeux, et puis sur les joues aussi, les rides de la rigolade. A la fac, j’ai croisé une gonzesse qui refusait de rire. On l’appelait Grobeu avec les copines (elle était jolie, mais avait le tarin d’Eddy Mitchell). Sa mère était rédac chef d’un magazine de mode teuton et lui avait inculqué les bonnes manières : se marrer le moins possible, ou alors en gardant la bouche en o, sinon, plus tard, achtung baby, t’as les joues qui plissent ! On dira que je me suis fendue la gueule sans modération.

Et puis je suis mince (maigre, dit ma fille pulpeuse). Si ça présente de nombreux avantages, la médaille a son revers.

J’ai croisé il y a deux ans lors d’une visite à la médecine du travail, une toubib de mon âge très rebondie. Marrante et crue, elle m’a déclaré qu’en vieillissant, il fallait choisir entre sa tronche et son cul ! Soit on laisse la chair s’épanouir et proliférer, auquel cas on frôle le mode « grosse dondon », mais on garde le visage lisse ; soit on se pavane élégamment dans son 38 avec une face de sharpeï.
La graisse comme alternative au Botox. Elle ajoutait que plus tard, les rondes pourrissent et les maigres se desséchent, charmant programme !

J’ai choisi mon camp, en route pour le Sahara.

Donc, j’ai des kilomètres au compteur, je roule vers la casse mais le chemin n’est pas terminé, et mon bilan ne m’en apprend guère plus sur ma capacité à séduire. Si les années pèsent sur la balance, ce n’est pas un pli de plus ou de moins qui fait la différence, je ne fais pas la sortie des collèges en imperméable à sucettes…

Perdue dans mes réflexions narcissiques, je n’entends pas le téléphone. Il a laissé un message, il m’invite à dîner demain soir.

YES !

Faut que j'arrête de sourire bêtement comme ça, je vais encore me rajouter des rides...

 

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mumu17 06/08/2008 14:09

vite vite, je cours lire la suite !!!!! En passant.... moi je vais donc pourrrrrirrrrrr !!!! beurck !! m'en fou, à 53 ans, je n'ai pas de rides ! Na !! Et pourtant, je me marre quand même un peu !

PRISE DE CHOU 07/08/2008 08:43



Pourries ou desséchées, on n'en sortira pas vivantes, de toutes façons, autant en profiter et se marrer un bon coup, avec ou sans rides !



audrey shine 06/08/2008 12:12

ma mère a une superbe collection de rides du sourire. Ca ne m'a pas freinée du tout, je suis vraiment sur la bonne voix pour reprendre le flambeau.
Il manquerait plus que je ris avec la bouche en cul de poule et avec les sourcils en arc-en-ciel...

PRISE DE CHOU 06/08/2008 12:35


Je dois dire que quand Grobeu se marrait comme un cul de poule, ça nous faisait redoubler de rire - toc, double ration pour nous ! Sans compter le son produit... imagine un acouchement de
dindon.
Tout ça, ça reste dans la volaille, très chère !
Bises à toi (et à ta moums rieuse)


Blanche 06/08/2008 11:28

Et.... je souris presque tout le temps. On s'en fou des rides. La vie ne vaut pas la peine d'être vécue quand on fait la gueule.

PRISE DE CHOU 06/08/2008 12:08


On est bien d'accord là-dessus !


Blanche 06/08/2008 11:19

Moi, je suis une ronde, je n'ai pas vraiment choisi quoique... je suis aussi gourmande.
Et je sais que pour les rides, je suis favorisée, d'autant que je ne fume pas (n'est-ce pas MC ??)
Et j'adore les messieurs qui m'aident à réfléchir, c'est pas très courant.

PRISE DE CHOU 06/08/2008 12:07


La rareté en fait le prix !


MamanCélib 06/08/2008 10:03

A 15 ans comme à 50, on sourit bêtement dans ces cas-là ;)

Et puis, les rides du sourire sont les plus belles ;)

PRISE DE CHOU 06/08/2008 10:40


Alors, creusons le sillon et continuons à sourire ;)))