Un mariage

Publié le par PRISE DE CHOU

Le 5 juillet de l’an de grâce 2008, Dame Prise de Chou et sa benjamine, Lili Prise de Chou, furent conviées aux épousailles d’héritiers de leurs siens (de leurs leurs ?)cousins.

Dame PdeC se  trouva fort dépourvue car elle n’avait point de carriole personnelle ni de chevalier servant susceptible de la conduire, elle et sa fille, en la bonne ville de Nemours, où se tenait la cérémonie.

Dieu merci, un aimable damoiseau accepta de prêter son carrosse aux deux donzelles.

Dame PdeC en fût fort heureuse, mais fort inquiète. Elle n’avait coutume de conduire carrosse que dans ses bonnes terres bretonnes, une fois l’an, et l’idée de maîtriser un nouvel attelage hors des rues de Paris jusque dans une lointaine province l’effrayait au plus haut point.

N’écoutant que son courage et retirant enfin les doigts de son auguste séant, elle prit le taureau par les cornes, oui, par les cornes, et se propulsa métropolitainement dans le vingtième arrondissement de la capitale pour prendre possession du véhicule.

Les PdeC, modestement vêtues de toile de Nîmes et de chemises en forme de T, transportaient avec elles force sacoches débordantes de tenues chics et affolantes destinées à faire bonne figure lors de la cérémonie nuptiale. Robes rutilantes et échancrées, bijoux somptueux en matière plastique, souliers rehaussés en droit arrivage du chausseur mondain Achéaime.

Dame PdeC, une fois aux commandes du carrosse, sa fille à ses côtés, qui la regardait de ses grands yeux innocents, se sentit dans l’obligation de ne point passer pour la dernière des courges et entreprit de prendre son destin en main.

Le destin était contraire… une pluie diluvienne s’abattit soudain sur la bonne ville de Paris, et dame PdeC batailla longtemps avant de comprendre le fonctionnement des brossettes qui espongent le vitrail du carrosse en cas d’intempérie.

Toutefois, bon an mal an, les deux exilées arrivèrent entières à Ploucville, dans un gîte rural où on leur avait gracieusement réservé une chambrée.

Les indigènes les reçurent fort civilement, s’exprimant dans un françois parfaitement compréhensible, à la stupéfaction des péronelles, qui avaient apporté un petit lexique au cas où les dits indigènes auraient causé patois. Il faut dire que ces deux-là sont de celles qui pensent que la jungle commence à Boulogne-Billancourt, et qu’hors les murs de la capitale, point de salut. De ces parisiennes qu’il vaut mieux voir en journal.

Avec quelque retard, elles entreprirent de se farder lourdement et d’enfiler leurs atours dans leur coquette chambrée. Dame PdeC remarqua du coin de l’œil quelques décorations qui auraient pu assurer sa victoire lors d’un Tournoi de Kitcheries auquel elle avait jadis participé, remporté haut la main par le Porc Mural de Madame de Salamandre. Petit chapeau de paille fleuri sur le mur, tableaux champêtres au point de croix, rideaux de cretonne et tapis de bain affriolants. Mais tel n’était pas le but de leur venue…

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L
Ah la vache !!! Quelle épopée !!! Et alors, vous vous êtes bien pinté la huche (de campagne) telle des gueuses ???!!! Vous avez trouvé des beaux chevaliers ???!!! Bref, vous étiez à la noce ???!!!
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P
<br /> Je va raconter la suite après...<br /> <br /> <br />
Z
j'espère que vous en êtes sortis vivante =) ...
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P
<br /> T'inquiète, y'a pas mort d'homme !<br /> <br /> <br />
A
ah ouais ?<br /> et quel était leur but ?<br /> trouver une collec de Raoul das champs ?
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P
<br /> Le bonheur est dans le pré, à ce qu'il paraît...<br /> <br /> <br />