Ils ont le sens de l'humour ces irlandais !
J'aime bien discuter avec quelqu'un qui est d'accord, ça fait avancer la discussion.
Regarder un blog, c'est regarder dans un bocal.
Y'a de la lumière à l'intérieur, on jette un oeil en passant. Et puis, soit on passe son chemin, soit on reste accroché là, le nez collé sur le verre.
C'est pas trop la déco qui m'accroche, personnellement. C'est le batracien qui vit à l'intérieur. Comment il bouge dans son aquarium, les trucs qui lui arrivent. C'est parfois d'une grande tristesse, d'autres fois, on tombe sur un clown et c'est fendard, jusqu'à ce qu'il perde son nez rouge, s'emmêle les pieds dans son 53 fillette et fasse pleurer les petits nenfants.
C'est la vie mise en bocal, en quelque sorte. Comme un grand labo tout froid et tout blanc avec une collection incroyable de bocaux.
Parfois, je me promène et je vais de bocal en bocal, je colle mon nez contre des vitres inconnues.
Bocal le plus fréquent, le bocal de dinde. C'est franchement chiant le bocal de dinde, y'a de la fiente dans tous les coins, ça cause avec un vocabulaire pré-chauffé, ça passe son temps virtuel à te faire admirer les conneries achetées dans la journée... alors soit je m'énerve direct, et je balance un gros scud entre ses fesses parfaitement épilées, soit je passe simplement mon chemin.
Je ne sais pas quel est le pourcentage de blogs féminins dans la catégorie « journal intime », mais je parierais volontiers pour un gros 80 %. L'homme est bien éduqué, il parle de sport, de politique, de cul, de la main fatale de Thierry Henry, mais pas des trucs qui lui chavirent le palpitant (à par le sport, la politique, etc). Ou alors c'est un poète. Et là, parfois, c'est pire. On gratte le sous-sol du fond de cave. Parce que quand Verlaine souffre, c'est magnifique, mais quand Patrick Chougnard déguste, c'est moins touchant, étrangement. Est-ce la façon dont il déclame ses sentiments meurtris qui indiffère au bout de la troisième ligne ? Sa tendance à privilégier le ressenti sur l'orthographe ? Le hiatus abyssal entre la pureté des ses sentiments et l'image que suggère sa prose (un-péteux-de-première-elle-a-bien-fait-de-tailler-la-route-Sabrina)
Toutefois, l'homme journaleux de l'intime est rare, donc cher, donc prisé.
Moi aussi il m'intéresse, d'ailleurs. Je persiste à croire que la façon dont on s'exprime révèle énormément sur soi.
Ceux que j'ai rencontré (les journaleux de l'intime), ressemblent parfaitement à leurs écrits.
Sabrégoupillon, et bien sûr Saute-Biniou.
Dès que j'ai collé mon nez à son bocal, j'ai su qu'on avait quelque chose à voir, à faire, tous les deux. Je ne pensais absolument pas à une histoire d'amour, et le fait qu'il soit une bombasse absolue n'était pas l'élément déterminant dans l'affaire. En août 2008, quand j'ai atterri chez lui via Maman Celib, j'ai immédiatement adoré sa façon d'écrire, directe, parfois déconnante avec ses jeux de mots à trois balles, abordant des sujets légers ou très graves, sans se prendre pour un philosophe dispensateur de vérités premières. Complètement impudique aussi, c'est ça qui m'a plu. Parce que tous ceux qui causent dans leur bocal en burqa devraient ressortir leur vieux cahier à spirales et le remplir de pattes de mouches cryptées, le soir à la veillée, et l'enfermer sous clef pour que personne ne puisse jamais le lire. Non ? Je me trompe ?
J'ai commencé ce billet avec une idée qui s'est perdue en route.
Je ne vous en voudrai pas si vous avez décollé votre nez de la vitre et êtes partis voir ailleurs. Je n'y suis pas, c'est l'avantage.
Ou plutôt si, je file West Coast retrouver Mac, Mic, Cat et quelques autres, découverts dans le labo à bocaux !
Quoi, il est décousu mon billet ???
JE NE SOUHAITE PAS CONSERVER LE NOM DE MON EX MARI.
Une lettre par case, en majuscules, sans déborder.
Ca m'a fait drôle. Pourtant il y a plus de trois ans que je suis partie.
J'avais conservé son nom par commodité, pour m'appeler comme mes enfants, en souvenir, par habitude, parce qu'il était joli, aérien, plein de L... et puis on ne se défait pas si facilement d'un nom qu'on a porté plus de la moitié de sa vie. Je m'appelle Danielle V depuis 1981.
C'est le symbole, peut-être, mais c'est juste là,
en écrivant laborieusement dans les petites cases, sans déborder, que j'ai eu l'impression qu'une page était définitivement tournée.
Je rends la robe V. J'ai beaucoup aimé la porter, surtout les 25 premières années, après, moins. Elle ne me va plus, elle craque aux entournures, j'ai l'air déguisée, avec.
Je me rapproprie ma vieille robe de jeune fille, la robe J. Bon, elle sonne moins bien, c'est une celtitude, mais je suis certaine que le créateur ne changera jamais, lui. C'est mon papa.
Pourquoi faut-il toujours porter le
nom des hommes qu'on aime ?
L'année prochaine, j'enfile une nouvelle robe, la D. Un cadeau inattendu et magnifique.
J'espère la garder jusqu'au bout, celle là, j'en ai marre de la cabine d'essayage. Le miroir grossit et la lumière trop crue accentue de plus en plus les cernes et les rides.
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